Cure antiparasitaire, bienfaits

ARTICLE SUR LES PARASITES

Cancers : un parasite responsable de tumeurs

Le FIGARO

  • Publié le 12/07/2015 à 13:01

Les médecins cherchent à comprendre le processus qui transforme une cellule saine en cellule cancéreuse.

Comment une cellule saine devient-elle une cellule cancéreuse? On connaît plusieurs mécanismes responsables de cette transformation et on sait que l’infection par certains virus, bactéries et parasites a été identifiée comme un facteur de risque élevé pour certains types de cancers. Le cas d’un parasite nommé Theileria est très particulier. C’est le seul connu qui transforme une cellule saine en cellule tumorale. Qui plus est, le processus est réversible. Comprendre son mode d’action peut faire avancer la recherche sur le cancer, mais aussi aider à mieux lutter contre le parasite.

Theileria est un protozoaire, c’est-à-dire une cellule eucaryote isolée (avec un noyau individualisé, contrairement à une bactérie). C’est un pathogène important des bovins, ovins, caprins et des équidés transmis par des tiques. Il provoque des maladies de type lymphomes, un cancer touchant les cellules du système immunitaire.

Oncoprotéines

«Nous cherchions justement un modèle dans lequel la transformation n’était pas due à des mutations génétiques car nous voulions finalement comprendre comment une cellule devient tumorale, avec l’idée que nous pouvions certainement inverser le processus», explique Jonathan Weitzman, directeur du laboratoire Épigénétique et destin cellulaire à l’université Paris-Diderot dans les colonnes de Science et Santé, journal de l’Inserm. «Et nous pensions que c’est une ou plusieurs protéines secrétées par le parasite qui entraînaient la transformation de la cellule hôte.»

L’équipe de recherche a en effet pu découvrir une oncoprotéine (TaPIN-1), protéine fabriquée par l’organisme sur commande d’un oncogène et impliquée dans l’apparition de tumeurs. La molécule en question a son équivalent chez l’homme (hPIN-1). «Elle est surexprimée dans de nombreux cancers – sein, prostate, cerveau -, et joue un rôle important dans le développement et la propagation des cellules tumorales humaines», précise Jonathan Weitzman. L’équipe a trouvé que certaines protéines ou molécules étaient efficaces pour désactiver les deux oncoprotéines, l’humaine et la parasitaire.

Il existe une petite molécule qui, depuis le début des années 1990, permet d’inhiber le parasite et de traiter les infections: le buparvaquone. L’une des molécules sélectionnées dans le laboratoire (la juglone) s’est même montrée efficace pour traiter des parasites devenus résistants au buparvaquone. Les deux oncoprotéines ont été modélisées en 3D et leurs sites actifs visualisés. Reste à découvrir des composés capables de les contrer.

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